Dominique de Villepin répond aux questions de Frédéric HAZIZA sur LCP
Sarkozy/candidat: « pas de bon moment »
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, a estimé aujourd’hui qu’il n’y aura pas de bon moment pour l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy qui, selon lui, a raté un virage gouvernemental « il y a 7, 8 mois » et se présente « dans un contexte difficile ».
« Je comprends très bien qu’il (Nicolas Sarkozy) ait voulu attendre le bon moment pour rentrer en campagne », a expliqué Dominique de Villepin, invité de « Questions d’Info » LCP/France Info/Le Monde/AFP. Mais, a-t-il estimé, « il n’y aura pas de bon moment. »
« Pour rentrer en campagne quand on est président de la République et qu’on n’a pas le bilan qu’on espérait, il n’y a pas de bon moment. Forcément, l’eau est froide, donc il faut plonger », a-t-il ajouté estimant que « Nicolas Sarkozy (était) dans un contexte extrêmement difficile ».
« Il fera peut-être un mea culpa »
Interrogé sur la nécessité pour Nicolas Sarkozy de faire aujourd’hui son mea culpa,
l’ancien Premier ministre a confié avoir discuté de ce sujet avec le chef de l’Etat « au cours des derniers mois ».
« Le message qui était le mien était très clair. Ça avait du sens il y a 7, 8 mois, de changer de gouvernement en constatant qu’il y avait besoin d’ouvrir une nouvelle étape dans le quinquennat, de le faire franchement avec une équipe nouvelle, ça veut dire un nouveau Premier ministre », a-t-il rapporté.
« Et j’ai plaidé à ce moment-là pour, ce qui constitue une proposition de ma campagne, 10 ministres, une formation resserrée, un gouvernement rassemblé sur l’essentiel, des missions de l’Etat recentrées, que ce soit le choix qui soit fait. Nicolas Sarkozy n’a pas pensé que c’était la bonne solution », a-t-il ajouté. Mais, a-t-il dit: « il fera peut-être un mea culpa au début de la campagne ».
Source: Agence France Presse
Pour Villepin, le déséquilibre du couple franco-allemand est une « tragédie »
Le candidat à la présidentielle et ex-Premier ministre estime que la France et Nicolas Sarkozy ont cédé devant l’Allemagne.
Pour l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le déséquilibre du couple franco-allemand « explique la panne européenne » d’aujourd’hui.
« Il y a une tragédie qui s’est jouée au cours des derniers mois. Complexe, difficile à expliquer aux Français, mais qui tient au fonctionnement du groupe franco-allemand », a affirmé le candidat à l’élection présidentielle, invité ce mercredi de « Questions d’Info » LCP/France Info/Le Monde/AFP.
Ce couple « est véritablement le moteur de l’Europe, et on a besoin des deux à égalité », a-t-il souligné. Or « l’Allemagne qui est en position de force sur le plan économique (…) alors que nous continuons nous à souffrir, a imposé sa règle. Et sa règle, c’est quoi: plus de discipline en Europe. Nous sommes tous d’accord sur cela mais dans une Europe en crise grave (…) il y a un deuxième pilier indispensable qui est celui de la solidarité », a-t-il fait valoir en regrettant sa non-prise en compte.
Des « bouts de ficelle »
« Aujourd’hui, la solidarité financière européenne s’est monnayée par une série de bouts de ficelle, un fonds de stabilité mais pas par des piliers qui véritablement permettraient d’enraciner et de créer la stabilité », constate l’ancien Premier ministre pour qui la France aurait dû « tenir tête à l’Allemagne » sur ce sujet.
« D’abord en évitant de rentrer dans le jeu qui conduit la France et Nicolas Sarkozy à cèder devant l’Allemagne ». Or « c’est ce qui s’est passé à plusieurs reprises. La politique de la France a été dictée par l’Allemagne. Il aurait mieux valu ne pas avoir d’accord, refuser un mauvais accord plutôt qu’accepter un accord qui n’était (pas satisfaisant) », a-t-il plaidé.
« On n’a pas été capable de jouer notre rôle et c’est en cela que le groupe franco-allemand s’est brisé. Et, l’inégalité aujourd’hui de la relation franco-allemande explique la panne européenne », a-t-il conclu
Source: L’Express
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