LA FRANCE C'EST NOUS !!

BIENVENUE SUR CE BLOG DE SOUTIEN À DOMINIQUE DE VILLEPIN !! Nous, citoyennes, citoyens, avons décidé de participer dans cette aventure Présidentielle 2012, de plus en plus nombreuses et nombreux à être exaspérés par les calculs électoraux, par les discours creux et les promesses vaines. Pour une nouvelle tendance pour Mieux Vivre Ensemble. Nous pensons qu'un seul homme peut tenir ce pari : Dominique de Villepin !!



lundi 2 janvier 2012

« Villepin, le cauchemar de Sarkozy » – Thierry Desjardins (Fayard): La statue du commandeur



Ancien rédacteur en chef du Figaro, prix Albert-Londres, prix Louis-Pauwels, lauréat de l’Académie française, Thierry Desjardins publie cette semaine chez Fayard un nouvel ouvrage politique: « Villepin, le cauchemar de Sarkozy ».

Nous publions avec son aimable autorisation un premier extrait: La statue du commandeur.

La statue du commandeur

Dominique de Villepin est-il un fou furieux prêt à faire perdre son camp pour assouvir des rancunes personnelles ou un simple illuminé convaincu qu’il peut devenir le sauveur de la patrie ? Après avoir pendant cinq ans fustigé sans pitié Nicolas Sarkozy, il a annoncé sa candidature à la présidence de la République.

Personne ne croyait qu’il aurait cette audace. Abandonné de tous, croupissant dans les bas-fonds des sondages, poursuivi avec « acharnement » dans un certain nombre d’affaires, tout le monde annonçait qu’il jetterait l’éponge avant d’oser monter sur le ring.

Les meilleurs experts affirmaient même qu’il allait se rallier, pieds nus et la corde au cou, à Sarkozy. N’avait-il pas rencontré à plusieurs reprises le président, lequel lui aurait fait miroiter des placards dorés en échange de sa capitulation ?
(…)
Aujourd’hui et pour la première fois, Villepin voudrait séduire les Français. En leur annonçant des catastrophes, en leur promettant du sang et des larmes mais aussi en les faisant rêver.

Un homme seul, sans guère d’amis ni de moyens, peu populaire mais doté d’une farouche détermination et de quelques idées bien arrêtées, peut-il soudain débouler dans l’arène politique et jouer brutalement les éléphants dans un magasin de porcelaine en chamboulant tous les scénarios imaginés pour une élection présidentielle?
(…)
À tout cela, on doit ajouter que jamais, depuis 1958, la France n’avait connu une telle crise, à la fois économique et sociale. Le chômage, la précarité, l’effondrement des revenus frappent désormais toutes les classes dites « moyennes », et des pans entiers de notre société ont basculé dans la pauvreté. Plus de quatre millions de Français sont au chômage, si l’on tient compte de toutes les catégories de chômeurs répertoriées par l’Insee, et huit millions de nos compatriotes survivent désormais sous le seuil de pauvreté.

Pis encore, la France est foudroyée par une redoutable crise morale. Une mondialisation inexorable, une Europe vacillante, une immigration mal gérée, une jeunesse sans espoir parce que sans avenir effrayent l’opinion au point que le pouvoir en a été réduit à
organiser de vastes enquêtes pour savoir… ce que c’est encore que d’être français.

Pour la première fois aussi, et c’est sans doute le plus nouveau et le plus grave, ce qu’on appelle la « conjoncture internationale » dominera le traditionnel face-à-face franco-français. Les fameuses agences de notation, les cours de la Bourse et de Wall Street, la situation de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, s’inviteront dans le débat. La crise – de l’euro, de l’Europe, du monde – sera au coeur même de la campagne avec des électeurs de plus en plus affolés et des candidats qui apparaîtront bien souvent dépassés par les événements. Surtout ceux qui ne sembleront pas maîtriser les dossiers planétaires.

Dans une telle situation, qui discrédite l’ensemble de notre personnel politique, tout devient possible. Jamais aucune élection présidentielle n’a donc été aussi imprévisible. Personne n’ose guère formuler le moindre pronostic.
(…)
De plus en plus de Français semblent d’ailleurs fatigués des jeux de cette alternance qui, depuis des décennies, fait se succéder au pouvoir, à tour de rôle, les mêmes ou leurs héritiers, avec les mêmes promesses et les mêmes échecs. Ayant vu les uns et les autres échouer avec la régularité d’un métronome, bien des Français sont sans doute à la recherche d’une troisième voie qui serait incarnée par un visage relativement nouveau.

Que ces hommes (plus ou moins) nouveaux n’aient pas derrière eux la puissante machine électorale d’un grand parti n’a strictement plus aucune importance. En 1974, Giscard n’avait avec lui que son tout petit parti des Républicains indépendants. Il lui a suffi de recevoir l’aide des quarante-trois « Saxons » amenés par Chirac pour l’emporter. Et depuis, tout a encore changé avec une télévision omniprésente et l’Internet. Les affiches immenses, les tracts par millions, les meetings gigantesques, les réseaux de notables, les foules de militants n’ont plus guère d’intérêt. La campagne présidentielle,
« cette rencontre entre un homme et un peuple », comme disait de Gaulle, se fait désormais à l’heure du dîner, entre la poire et le fromage, dans le salon de quarante millions d’électeurs-téléspectateurs, quand ce n’est pas devant l’écran d’un ordinateur.
(…)
Et Villepin ? Jusqu’à présent, il a obtenu de bien mauvais chiffres dans les sondages. Il y a un an, s’il lui arrivait de plafonner à 10 %, aujourd’hui ce n’est guère plus de 5 %, quand ce n’est pas 2 %, voire 1 % ! (…) Quoi qu’il en soit, Sarkozy, qui ne semble pas vouloir comprendre qu’il a irrémédiablement perdu tout l’électorat centriste, au sens très large du terme, les 16 % ou 18 % qui lui manqueront au soir du premier tour, est convaincu que Bayrou fera un score dérisoire.

Aujourd’hui, c’est Villepin et lui seul qui le préoccupe. Quels que soient ses mauvais chiffres dans les sondages. Villepin est devenu son cauchemar. Cela fait des années qu’il rêve de « l’accrocher à un croc de boucher ». Il a tout essayé, les menaces, le tribunal, le chantage, le charme, les propositions, rien n’y a fait. Sarkozy a tous les pouvoirs – l’appareil de l’État, l’argent de ses amis, la presse qui appartient aussi à ses amis –, Villepin est seul dans son pauvre petit bureau (en fait, un superbe hôtel particulier de la plaine Monceau). Mais le banni, le proscrit, l’exclu défie en permanence le souverain, le nargue tous les jours en jouant les donneurs de leçons, les arbitres de toutes les élégances, les moralistes, les professeurs de diplomatie. Villepin, seul et grandiloquent, c’est la statue du commandeur qui montre à Sarkozy le chemin de l’enfer tout en se payant parfois le luxe de lui faire des sourires.

On comprend que Sarkozy en piétine de rage. Villepin est évidemment redoutable, car, sans même le vouloir (mais il lui arrive de plus en plus souvent de souligner le trait), il est « l’anti-Sarkozy » par définition et jusqu’à la caricature. Physiquement, intellectuellement, moralement, politiquement. Ce dont rêvent précisément beaucoup de Français.
(…)
Alors que le verdict du procès en appel de l’affaire Clearstream n’avait pas encore été prononcé et qu’il était toujours persuadé que son ennemi serait condamné, Sarkozy a tenté de le désarmer en l’invitant à plusieurs reprises à l’Élysée, en évoquant des retrouvailles et en lui faisant miroiter des propositions plus dérisoires qu’alléchantes, comme un siège de député représentant les Français de l’étranger. Voire, pourquoi pas, un retour à la table du conseil des ministres. Villepin en rigole encore.

« Il va finir par me manger dans la main », pensait naïvement le président, sûr de lui. Tout sourire, Villepin s’est offert, à chaque fois, le plaisir sadique d’aller le narguer, en lui donnant même des leçons de savoir-vivre. Sortant de l’Élysée, le proscrit répétait à
chaque fois : « Moi, je ne suis pas négociable », une phrase que visiblement Sarkozy, familier de tous les négoces, ne pouvait pas comprendre.

Plus récemment, en le recevant à La Lanterne, Sarkozy lui a fait de nouvelles et « honnêtes propositions », lui rappelant qu’en prenant le risque de faire perdre son camp, il se ridiculiserait. Mieux encore, l’Élysée a fait répandre, à travers la presse, la rumeur que Villepin avait renoncé à se présenter.

Si Sarkozy est prêt à tout, aujourd’hui encore, pour désarmer le commandeur, Villepin ne prendra jamais place devant le festin que l’autre lui propose : il n’est pas homme à s’asseoir à la table du « tout petit bonhomme » qui, à ses yeux, a « sali d’une tache de
honte le drapeau français ».

Sarkozy déteste Villepin, il peut donc lui faire des concessions, des appels du pied, des promesses. Mais Villepin méprise Sarkozy. C’est bien pire. Et d’autant plus que Villepin n’a rien à perdre. Il a tout perdu, « fors l’honneur ».
(…)
Au-delà de toutes les « lois » qu’on peut déduire des expériences passées et au-delà de la confrontation des programmes (que les électeurs, si souvent déçus, ne lisent plus), quelques Français rêvent aujourd’hui d’un président qui aurait l’« envergure » nécessaire pour faire face à toutes les conjonctures, l’« étoffe » suffisante pour représenter dignement la France dans toutes les tempêtes internationales et la « détermination » indispensable pour mener à bien les réformes qui permettraient de résoudre un certain nombre de problèmes – le chômage, la dette, la fracture sociale –, tout en sauvegardant l’« exception française », qui évite aux plus défavorisés de sombrer. Les villepinistes – qui ne sont guère nombreux, il est vrai, pour l’instant – sont convaincus que leur grand homme est le seul aujourd’hui à avoir cette envergure, cette étoffe et cette détermination.

Et Villepin partage leur conviction.

En jouant à la fois la droite – grandeur de la France, indépendance nationale, etc. – et la gauche – un revenu citoyen, une attention particulière pour les « cités », le mariage homosexuel, une dépénalisation partielle de la drogue, etc. –, Villepin s’est déjà « positionné ». Au centre, sans doute, mais aussi « au-dessus de la mêlée ». Son rêve fou
a pris forme.
(…)
Certes, pour l’instant, la « mayonnaise » qui permet à une candidature de décoller et à un candidat d’entamer une escalade dans les sondages n’a toujours pas pris. Villepin n’est pas « sur orbite ». La plupart des Français le considère encore comme un « farfelu rancunier», voire un « hurluberlu délirant ». Mais, devant un Sarkozy exsangue, un Hollande donné déjà vainqueur mais peu enthousiasmant avec sa « normalité » bonasse, une Marine Le Pen aussi infréquentable que son père, un Bayrou qui ressort de sa boîte pour la troisième fois, une Eva Joly à l’accent aussi incompréhensible que son programme de « khmère verte » et un Mélenchon qui veut faire la révolution, l’image de Villepin pourrait se métamorphoser au fil de la campagne.

Cette campagne se déroule dans la plus grande crise économique et financière qu’aura connue la planète depuis la fin de la guerre. L’euro, l’Europe et même l’Occident dans son ensemble vacillent. Nous assistons à la fin d’un monde, le nôtre, qui, après avoir dominé l’univers pendant quelques siècles, va devoir se soumettre aux volontés des nouveaux empires qui ont émergé.

Nicolas Sarkozy pourra difficilement se vanter d’avoir, en tant que président de l’Union européenne, puis du G8 et du G20, sauvé la situation. En face de Marine Le Pen, Bayrou, Hollande, Eva Joly et Mélenchon, Villepin est le seul à avoir une expérience, si ce n’est une envergure internationale. Le seul à avoir su faire retentir – et de quelle façon ! – la voix de la France aux Nations unies. Certains Français pourraient trouver aujourd’hui qu’il est l’homme de la situation.

C’est évident. Au-delà de son physique, le gaullisme social qu’il entend incarner semble aujourd’hui répondre aux aspirations d’un certain nombre d’électeurs qui seraient alors suffisants pour lui permettre de jouer si ce n’est les Chirac de 1981, du moins les Chevènement de 2002. Un rôle certes décevant, mais dont il pourrait se satisfaire aujourd’hui et qui lui permettrait de prendre date. Il n’aura que 63 ans en 2017.

Tout le monde reconnaît que « si Villepin n’était pas Villepin, il aurait un boulevard devant lui ». Oui, mais Villepin est Villepin. Reste alors à essayer de savoir qui est vraiment Villepin. Car cet homme est tout de même un mystère.

Source: « Villepin, le cauchemar de Sarkozy » – Thierry Desjardins (Fayard)

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur

La 4ème de couverture

Dominique de Villepin est sans conteste l’un des personnages les plus étranges de notre faune politique. Pour les uns – qui se souviennent de son fameux discours à l’ONU –, il est devenu une sorte d’homme recours, si ce n’est providentiel, dont le pays pourrait avoir besoin. Pour les autres, plus nombreux, qui n’ont oublié ni la dissolution de 1997 ni le CPE, il n’est qu’un fantôme ridicule avec ses allures hautaines et son goût pour la poésie obscure.

Aujourd’hui plus isolé que jamais et semblant y prendre plaisir, l’ancien Premier ministre fustige avec gourmandise les errements du quinquennat qui s’achève tout en ironisant sans pitié sur la démagogie du candidat PS. En évoquant la grandeur de la France, en prônant l’union nationale au-dessus des partis et la justice sociale, il peut mieux que d’autres séduire les déçus de Sarkozy et ceux qui, face à la crise, ne souhaitent pas une nouvelle expérience socialiste. Tout le monde affirme que « si Villepin n’était pas Villepin, il aurait un boulevard devant lui ».

Ce livre sans concession mais aux nombreuses révélations brosse le portrait d’un homme aux multiples facettes : le faux aristocrate immigré, le diplomate amateur de coups fourrés, le ministre des Affaires étrangères flamboyant, la cible de l’affaire Clearstream, le d’Artagnan à mi-chemin entre Fouché et Talleyrand mais surtout l’anti-Sarkozy poussé jusqu’à la caricature.

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur et de l’éditeur

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